11. mars, 2017

Camions contre blocs de béton sur l’autoroute

"Une petite histoire qui aurait pu mal tourner… Cela se passe début des années 90. Les deux autoroutes E411 et E25 viennent d’être ouvertes à la circulation. Contre toute attente, elles vont très vite apporter leur lot d’accidents de tous genres. Il faut dire qu’au contraire des autres autoroutes, elles ne sont pas éclairées, ne disposent pas de téléstrades, ne sont pas protégées par des clôtures empêchant la traversée du gibier et j’en passe. Mais ce dont on a peu parlé, c’est de cet épisode des accidents du à la présence de plots de béton sur la chaussée. Les passages de police appelés encore raccordements transversaux sont à cette époque fermés à la circulation des usagers par des chaînes fixées à des poteaux coulés dans un plot de béton. Ce dispositif interdit à l’usager d’y faire demi-tour, manœuvre particulièrement dangereuse et par ailleurs interdite sur autoroute. Dès lors que ces plots peuvent être facilement déplacés, l’accès à ces passages reste aisé pour les services de secours dans leurs interventions urgentes. Ce qui était pour tous une bonne solution se révèlera un danger pour la circulation. En effet, nous serons très vite alertés d’actes de malveillance ayant entraîné de graves dommages aux véhicules. Un ou plusieurs individus déplacent les plots de bétons sur la chaussée, provoquant ainsi des accidents. Parmi les victimes, on comptera des automobilistes mais également des chauffeurs de poids lourds. Ces accidents vont se répéter. Ils se produisent la nuit et se concentrent sur le secteur Léglise et Vaux-sur-Sûre. Des dispositifs de surveillance discrets sont mis en place. Mais en vain. La probabilité de choisir le bon moment et le bon endroit est très faible. Par ailleurs, les enquêtes menées par les brigades de gendarmerie ne nous apporteront aucun élément pouvant nous conduire à un ou plusieurs suspects. En dernier recours, nous nous tournerons vers le directeur du MET (actuel SPW gestionnaire du réseau des routes et autoroutes wallonnes). Celui-ci consentira à faire enlever par ses services les plots en question. C’est ainsi que pendant plusieurs années, les passages de police du centre de la province resteront ouverts. Aujourd’hui, la plupart sont fermés au moyen de séparateurs amovibles. Du jour au lendemain, on entendra plus parler d’agissements du même type qui auront provoqué une dizaine d’accidents aux conséquences heureusement limitées à des dommages matériels. Et si l’un des ces accidents avait impliqué un transport de matières dangereuses ou un autocar chargés de vacanciers… L’inconscience n’a vraiment aucune limite. L'affaire n'a jamais été élucidée."