L'introduction d'un nouveau moyen de détection de l'alcool: l'alcotest

Les deuxième et troisième degrés de l'école communale du village Walfergem suivent une leçon de sécurité routière donnée par Mme Magda. Le groupe se trouve sur le trottoir bordant la chaussée. Soudain, une camionnette se jette sur les enfants, le choc est terrible. Dix garçons sont tués et  l'enseignante grièvement blessée. Le chauffeur de la camionnette avait 2,2 grammes d’alcool dans le sang et est  tombé endormi au volant. Tout le pays fut en deuil. Des dizaines de milliers de personnes assistèrent aux funérailles des enfants, y compris le Roi Baudouin et la Reine Fabiola. En 1967, un an plus tard, le législateur introduisait l’épreuve respiratoire (loi du 11 juillet 1967 modifiant la loi du 1er août 1899 sur la police du roulage).  Chaque conducteur pourra être contrôlé à tout moment. Le taux d’intoxication alcoolique punissable reste fixé à 1,50 gr mais un nouveau seuil de 0,8 gr est retenu à partir duquel des mesures administratives doivent être prises. Il s’agit de l’interdiction de conduire pendant un laps de temps déterminé. De plus, l’état analogue résultant de l’usage de drogues ou de produits hallucinogènes est assimilé à l’état d’ivresse et devient donc punissable.

Pendant plus de vingt ans, l’alcotest appelé communément « ballon » sera utilisé comme outil de détection en matière d’alcoolémie au volant. L’appareil utilisé pour ce faire est l’alcotest « Dräger ». Lorsque les cristaux se colorent en vert au-delà d’une collerette, le conducteur est soumis à une prise de sang dont l’analyse déterminera le taux précis d’alcool. La loi qui organise ces procédures prévoit des mesures et des sanctions sévères vis-à-vis des contrevenants.                                                                                                                                                                     

Mais, pour revenir à l’alcotest, celui-ci manque de fiabilité. En particuliers, la température ambiante semble influencer le marquage des cristaux. Je me souviens de ce contrôle exécuté par une température très basse. Les tests effectués ne permettront pas de détecter le moindre cas positif. Or plusieurs conducteurs reconnaîtront plus tard avoir consommé de l’alcool plus que de raison ce qui aurait du conduire à un test positif. D’une manière plus générale, l’appréciation repose pour l’essentiel sur les signes extérieurs d’intoxication alcoolique relevés par l’agent. Il ne sera pas rare toutefois que l’analyse du sang ne confirme pas le résultat de l’alcotest. Ainsi cet exemple d’une patrouille orientée vers la détection de l’alcool au volant qui interceptera durant une nuit de weekend  cinq conducteurs positifs. Au final, seuls deux d’entre eux seront poursuivis, l’analyse de sang n’ayant pas confirmé les trois autres. Enfin, au-delà du manque de fiabilité de ce moyen, c’est surtout la lourdeur de la procédure qui est dénoncée. Mais, avant de voir apparaître d’autres moyens plus efficaces, une nouvelle loi va abaisser en 1976 le taux d’intoxication alcoolique punissable à 0,8 gr. Les mesures d’interdiction subsistent mais une sanction administrative est créée : le retrait du permis de conduire par le Parquet pour une période temporaire.