La sécurité aux abords des écoles sous l’angle de guide pratique envers toutes les parties concernées

Rue Netzer- Aire de dépose minute devant l’entrée de l’école. Protection des trottoirs par des barrières et des potelets- Passage pour piétons réglé par un système de feux tricolores actionnés sur commande.

La place et le rôle de l’école dans la société sont incontestables. Si l’on pense nécessairement à son importance dans la transmission du savoir, on omet parfois son impact sur la mobilité. Or, la densité du trafic est étroitement liée au rythme scolaire. A peine sommes-nous en période de congé que les bulletins du trafic se réduisent  comme peau de chagrin. Mais c’est aussi aux abords de l’école que les gros problèmes de circulation se concentrent. Le problème est vaste et concerne de nombreux acteurs : région, commune, école, parents, élèves et usagers en général. Chacun d’eux selon sa sphère d’intérêt et de compétence peut contribuer à une meilleure organisation de la circulation du chemin vers l’école et dans sa périphérie.

Dresser un inventaire des problèmes…Une démarche indispensable

Les problèmes qui se posent sont nombreux. Ils concernent tant le trajet vers l’école que les abords de celle-ci. Ils seront différents selon la localisation de l’école, un centre-ville, la périphérie voire en pleine campagne ; selon son environnement immédiat et notamment le type de voirie qui la dessert ; selon l’importance de l’école et l’âge des élèves qui la composent etc. Ces problèmes seront de natures diverses. Pensons d’abord à l’insécurité générée par l’automobile. Cette insécurité est objective et subjective et liée à la vitesse et aux conflits  entre  les véhicules motorisés et les usagers plus faibles. Il y a également la forte densité du trafic générée par l’importance de  l’usage du véhicule particulier motorisé vers et autour des établissements. Il y a enfin la difficulté du stationnement aux abords de l’école ce qui ne fait qu’aggraver le congestionnement des rues et  générer des comportements dangereux pour les autres catégories d’usagers.

Quels objectifs retenir ? 

Sur base de l’inventaire des problèmes relevés, un ensemble d'outils doit être mis en œuvre pour atteindre des objectifs qu'il convient donc préalablement de hiérarchiser afin d'identifier les stratégies concordantes à mettre en place. De multiples stratégies peuvent en effet concourir à l'atteinte de ces objectifs.

Comme objectif, citons  la sécurité routière, la fluidification du trafic, l’organisation du stationnement et bien d'autres encore. A ceux-là, on peut ajouter  la diminution de la part modale de la voiture dans les déplacements scolaires au profit des modes doux de déplacements. Cet objectif très ambitieux relève avant tout de la compétence des autorités fédérales et régionales. 

Les actions à mener.

Les aménagements sécurisants aux abords des écoles

Les aménagements de voirie recouvrent un panel d'outils efficaces pour atteindre, conjointement avec d'autres stratégies, les objectifs souhaités en termes de mobilité scolaire. Ils visent  à :

-        Améliorer la visibilité de l'école

-        Réguler la vitesse aux abords de l’école

-        Sécuriser le cheminement des piétons et cyclistes

-        Organiser le stationnement

Le renforcement de la présence aux abords d’écoles

Manque de respect des automobilistes, vitesse excessive, parking sur le trottoir ou sur le passage piétons, traversée dangereuse de la chaussée par des parents : les infractions au code de la route ne manquent pas à la sortie des écoles. Des abords d’écoles sûrs impliquent nécessairement une présence policière effective. Celle-ci doit revêtir avant tout un caractère préventif.

L'éducation et la sensibilisation

L’éducation de l’enfant et de l’adolescent à la mobilité et à la prévention des accidents est de la compétence des enseignants et des parents. La sensibilisation et l’information des parents, enseignants, riverains, conducteurs s’imposent également. Il est en effet indispensable d'informer tous ces groupes du pourquoi des aménagements réalisés. Les aménagements pourront alors être perçus plus positivement par des usagers qui n'y voyaient d'abord qu'une source d'ennuis. L'idéal est de procéder à une concertation des différents acteurs afin d'élaborer avec leur collaboration un plan d'action visant à augmenter la sécurité aux abords des écoles.

Réference:

-Visibilité et Sécurité des abords d’écoles : SPW Service public de Wallonie

http://www.rue-avenir.ch/fileadmin/user_upload/resources/Se%CC%81curite%CC%81-abords-e%CC%81coles-Wallonie.pdf

 

Rue du Casino- Aire de dépose minute avec un marquage bien visible. Le stationnement y est autorisé les samedi et dimanche ainsi qu'en semaine de 17:00 à 08:00 h

signalisation de la zone de dépose-minute rue du Casino

Apprentissage des élèves d'une classe de l'école fondamentale de l'INDA à la conduire d'un vélo en ville

Rue Netzer vers l’entrée de l’école. Voie publique comportant une bande de circulation, une aire de stationnement et un trottoir réservé aux cyclistes et piétons.

Parking vélos à l'entrée de l'école.

Exemple de courrier adressé par l’école aux parents

 

 Ecole communale maternelle d'Avennes

 Sécurité aux abords de l'école

 Papa, Maman, Papy, Mamy,...

 Maintenant nous sommes grands. Nous allons à l'école et sommes très réceptifs à l'exemple   que vous nous donnez. Pour notre éducation et notre sécurité, respectez ces quelques règles   assez simples :

        Evitez de stationner la voiture sur les trottoirs ou sur les passages piétons. Mes camarades  et moi-même ne devons pas marcher sur la chaussée. Des places de parking sont prévues à  cet  effet. Nous pouvons marcher 20 mètres de plus sans difficulté. Pour rappel, la loi  interdit de s'arrêter ou de stationner sur les passages piétons, sur les pistes cyclables, ainsi que sur la chaussée à moins de 5 m en deça des passages piétons !

        Laissez les entrées d'école facilement accessibles aux enfants.

        Faites-nous traverser sur le passage pour piétons. Il est là pour ça.

        N'oubliez pas de toujours bien nous attacher dans la voiture. Un petit choc peut avoir des    conséquences dramatiques : un choc à 50 km/h équivaut à une chute de plus de 10 m de hauteur! 

        En-dessous d'1,35 m, nous devons être placés dans un siège adéquat.

        Débarquez vos enfants du côté trottoir.

        Les abords de notre école sont situés dans une zone où la vitesse est limitée à 30 km/h.  Rouler plus vite ne vous fera gagner que quelques secondes.

 

 En faisant tous ensemble un petit effort, nous sommes certains que nous acquerrons les bons   réflexes qui nous permettront d'évoluer en toute sécurité. Merci et bonne route !

  

                                                                                    

                                                                                                                    Vos enfants

Exemples de bonnes pratiques

Au sein des écoles, une information et une sensibilisation soutenue des élèves et des parents aux problèmes de sécurité routière s’impose. Un simple courrier contenant un rappel des règles de prudence peut être adressé aux parents (voir l’exemple de l’école d’Avennes). Mais les « pouvoirs organisateurs » ou les directions peuvent également faire appel à des organismes externes tels :

- La police qui dans de nombreuses zones organise des formations de sensibilisation aux dangers de la rue. Des policiers fédéraux attachés aux services du Gouverneurs de province peuvent également apporter un appui dans ce domaine.

- La Fédération Wallonie-Bruxelles  met depuis peu à disposition des écoles un nouveau jeu amusant et facile à mettre en place « Émile, le Serpent mobile ». Ce jeu  permet d’encourager les élèves et leurs parents à utiliser des modes de transports actifs. Cette action permet d’avoir moins de voitures devant la porte de l’école. Elle permet de motiver les élèves à utiliser davantage les modes de transports actifs (marche, vélo, transports en commune, covoiturage,…) pour se rendre à l’école. Elle favorise également l’apprentissage des bons comportements à adopter sur le chemin de l’école.

Pour diminuer la pression du trafic aux abords de l’établissement. Les écoles peuvent mener une campagne d’information sur les transports en commun avec l’aide des sociétés de transport STIB et TEC. D’autres actions visant le même but sont également possibles comme :

- d’établir une centrale de covoiturage (« Rouler malin » avec Taxistop) ;

- d’améliorer la qualité des cheminements piétons aux abords de l’école (« A pied, ça roule » avec Pedibus) .

Si une école souhaite mener une action pour améliorer la sécurité des déplacements des écoliers à vélo, elle peut également s’adresser au Gracq.

La sécurité aux abords de l’école quant à elle, pourra être assurée de diverses manières :

- Certaines écoles disposent  d’un ou de signaleur(s) pour sécuriser le ou les passages pour piétons. Il ou elle aide les enfants et leurs parents à traverser dans de bonnes conditions. Il s’agit bien souvent d’ALE mais parfois, il s’agit de parents actifs au sein de l’association des parents. On les voit parfois aussi veiller au respect des zones de dépose-minute.

- Dans beaucoup de communes, les gardiens de la paix assurent la gestion du trafic aux abords de certaines écoles. A cette fin, ils ont reçu la formation de surveillant habilité. Ils interviennent également pour rappeler les consignes de sécurité. D'une façon générale, ils ont pour mission d’augmenter le sentiment de sécurité des citoyens et constituent le relais entre la commune et la population.

Enfin, les aménagements de sécurité doivent faire l’objet d’une évaluation en continu. L’école doit veiller à relayer vers le gestionnaire de la voirie les problèmes qui se posent en termes de sécurité et de fluidité. En voirie communale, un contact régulier avec le conseiller en mobilité s’impose. Fort de son expertise, il sera d’une aide précieuse dans l’amélioration de l’infrastructure routière et de la signalisation.

 

4. Févr., 2018