Pour une conduite plus sûre

24. sept., 2018
23. sept., 2018

Juin 2018 – Dans la campagne hennuyère, une locomotive seule est lancée à 75 km/h sur une voie libre de toute circulation. Au loin, un passage à niveau et une voiture immobilisée sur les rails. L’accident est inévitable. La voiture, un monospace, est percutée à l’arrière gauche et projetée plusieurs mètres plus loin. La locomotive quant à elle s’arrête après 150 mètres. Il s’agit en fait d’une simulation réalisée en conditions réelles. Les dégâts montrent à quel point le rapport de force ne laisse aucune chance à la voiture. Les trois mannequins installés à bord de la voiture ont notamment subi une accélération de près de 60 G au moment de l’impact. Les pompiers ont dû désincarcérer les mannequins. Si cela avait été de vrais passagers, ils seraient morts. Et si le train avait été complet, les conséquences du crash auraient été encore bien plus graves. (1)

DES ACCIDENTS AUX CONSEQUENCES SOUVENT DRAMATIQUES

 En Belgique, on compte en moyenne un accident toutes les semaines. Un chiffre quasi stable depuis des années malgré les mesures prises. Le plus interpellant, c’est le taux de mortalité relevé dans ce type d’accident. Sur les six dernières années, on recense 55 tués, soit un tué pour cinq accidents. Pour un automobiliste, le risque que l’accident soit mortel est 40 fois plus élevé lors d’une collision avec un train plutôt qu’avec une voiture!

Les statistiques  montrent que la majorité des accidents surviennent pendant les heures de pointe, et qu’ils impliquent des riverains (habitant la commune où se trouve le passage à niveau ou une commune voisine) dans 66 % des cas. Et le slalom lorsque les barrières sont fermées est l’infraction la plus constatée. Comment expliquer ce comportement irrationnel ? Généralement pressé, le contrevenant qu’il soit conducteur d’un véhicule motorisé (64% des cas) ou piéton (36%) sous-estime manifestement  le risque que représente la traversée d’un passage un niveau. Et pourtant, le pire danger est celui que l’on ne voit pas venir et face à un train, personne ne fait le poids !  Par ailleurs, à vitesse équivalente, il faut à un train 10 fois plus de distance pour s’arrêter qu’à une voiture : au moins 800 mètres à 90 km/h (soit l’équivalent de 8 stades de football), contre 70 mètres pour une automobile !

COMMENT PRÉVENIR LES ACCIDENTS AUX PASSAGES À NIVEAU

 Les raisons de ces accidents se trouvent principalement du côté du comportement des automobilistes et des autres usagers de la route.

Il faut donc que les usagers aient conscience qu’on n’aborde pas un passage à niveau comme une longue ligne droite sur une chaussée. Un passage à niveau, c’est un carrefour dans lequel on n’est pas prioritaire.

Quelles règles conseiller? Voici les recommandations données par Infrabel :

  • Il n'est absolument pas dangereux de traverser un passage à niveau, à condition de faire bien attention et de respecter les règles de sécurité et la signalisation.
  • Ralentissez à l'approche d'un passage à niveau. Surveillez la signalisation et respectez les signaux lumineux et sonores ainsi que les barrières. Arrêtez-vous dès que le signal retentit et que les feux rouges s'allument, même si les barrières ne sont pas encore abaissées. Avant de traverser les voies, attendez que les barrières soient complètement relevées et que les feux soient à nouveau blancs.                                                                     
  • Ne restez pas au milieu du passage à niveau. Engagez-vous sur les voies uniquement si vous êtes certain(e) de pouvoir les traverser en une fois.                                                       
  • Ne zigzaguez pas entre les barrières. Un deuxième train peut toujours suivre le premier. Le temps d'attente entre la fermeture des barrières et le passage du train ne s'élève d'ailleurs en moyenne qu'à 30 secondes
  • Pas de sonnerie, de signaux lumineux ni de barrières ? Regardez attentivement à gauche et à droite pour voir si un train arrive.

 Que faire en cas d’urgence ?

En cas de panne sur les rails ou d’immobilisation à cause d’un bouchon, un seul réflexe : sortir de la voiture avec les passagers. Puis utiliser le téléphone placé à proximité pour être localisé plus rapidement.

L’autre conseil, si la voiture est bloquée par la barrière, c’est de la défoncer : ça va mettre le passage à niveau en alarme et modifier la signalisation en amont, et il y a une chance que le train puisse ralentir.

FRANCHIR ILLEGALEMENT UN PASSAGE A NIVEAU

Il est interdit de franchir un passage à niveau quand les feux sont au rouge, quand le signal sonore retentit et quand les barrières ne sont pas totalement remontées.

Ceci est valable quand les barrières se ferment, mais aussi quand elles s'ouvrent. Trop d'usagers, surtout des usagers faibles, commencent à traverser dès que les barrières remontent. Or, dans ce cas, elles peuvent tout aussi bien se refermer, sans préavis, très peu de temps avant le passage d'un train, et les imprudents peuvent alors se retrouver coincés au milieu des barrières. Et comme on le répète souvent, un train peut en cacher un autre… Pour  ceux qui manque de patience, rappelons aussi que franchir un passage à niveau quand c'est interdit, est une infraction du 4e degré, avec renvoi devant le tribunal de police. Les peines sont une amende importante et une déchéance du permis, même si c'est à pied ou à vélo que l'infraction a été commise.

NOUVELLES OBLIGATIONS EN MATIERE DE SIGNALISATION

De nouvelles obligations en matière de signalisation à hauteur des passages à niveau sont d’application depuis le 11 décembre 2017.

On légalise quelques cas, notamment des carrefours urbains, où il peut y avoir utilisation concomitante ou non ou même conjointe des signaux lumineux spécifiques aux passages à niveau et des signaux lumineux spécifiques à la circulation routière.

La signalisation des passages à niveau à signalisation passive est renforcée.  Il s’agit des passages dont la signalisation n'avertit les usagers du passage à niveau ni de l'approche ni du passage d'un train

La réglementation est à présent plus stricte sur certains points, entre autres pour les passages à niveau privés dont la fermeture est imposéeaprès chaque franchissement, lorsqu’un système à fermeture existe, de manière à sécuriser le trafic ferroviaire.

La réglementation est complétée par l’obligation stricte de respecter les injonctions données par le personnel du gestionnaire de la voie ferrée. Les injonctions sont données au moyen  d'un signal routier C3 et/ou C19, selon le cas.

 

Pour en savoir plus sur ce sujet :

Site web Infrabel

https://www.infrabel.be/en/node/7285

https://www.infrabel.be/en/crashtest

 Arrêté du 11 juillet 2011 relatif aux dispositifs de sécurité des passages à niveau sur les voies ferrées :

http://www.ejustice.just.fgov.be/cgi_loi/change_lg.pl?language=fr&la=F&cn=2011071101&table_name=loi