Les premières sorties à vélo avec son enfant : entre bonheur et inquiétude

Lors des premières sorties à vélo avec votre enfant, vous constaterez  vite que le chemin à parcourir pour en faire un bon cycliste sera long. Et pourtant, ce n’est pas faute de lui avoir enseigné les règles de base du code de la route, le sens des principaux signaux. Vous lui aurez donné nombre de recommandations collectées sur les sites de sécurité routière. Et pourtant, rien n’y fait. Entre la théorie et la pratique, vous devrez vite en convenir, il y a un monde. Quels sont ces manquements auxquels vous serez peut-être confronté ? On peut les classer en trois catégories : ceux  s’expliquant par une mauvaise maîtrise du vélo, ceux lié à la difficulté de mettre en pratique les règles de conduite et ceux qui s’expliquent par le manque d’anticipation et de réactivité.

Une bonne maîtrise du vélo s’impose avant de prendre la route pour la première fois. Cela suppose d’abord que l’enfant soit capable de freiner avec les deux freins. Nombre d’enfants évitent  le frein avant, craignant de faire un soleil, expression qui  fait allusion à un cycliste qui est passé par-dessus son guidon. Or, seul l’usage simultané des deux freins permet de s’arrêter sur la plus courte distance. Mais attention si le sol est glissant ou dans un virage. La technique de freinage sera dans ces cas tout autre.  Parlons maintenant de l’utilisation du changement de vitesse. Sans exercice pour découvrir ce mécanisme, c’est la catastrophe annoncée. La tendance au début est de détourner son regard de la route pour le fixer sur le levier et les plateaux. Ces quelques secondes d’inattention  ne sont pas sans risques pour le jeune cycliste. Terminons cette partie en parlant de la position sur le vélo. En particuliers, la tendance est de placer la selle trop bas ce qui a pour effet de décupler l’effort à fournir. Une autre erreur est de pédaler sur les talons et sur la voûte plantaire. Pour un pédalage correct et efficace, il faut user de l’avant-pied.

Mais les difficultés concernent également le respect des règles de conduite dans la circulation. Les exercices en site réel montreront très vite l’importance de consolider les acquis théoriques. Le principal problème à rencontrer est celui de l’apprentissage des règles de priorité.  On commence par l’étude ses signaux routiers indicateurs de priorité, on expliquera la règle de la priorité de droite, on n’omettra  pas de parler de la priorité en cas de manœuvre et de changement de direction.  Mais face à la réalité, que reste-t-il de cet enseignement ? L’enfant s’engage sur la chaussée en ne tenant pas compte de la circulation, il surestime la distance des véhicules circulant sur la route prioritaire et sous-estime leur vitesse,  il oublie qu’il est débiteur de priorité lorsqu’il contourne un véhicule à l’arrêt ou encore, alors qu’il effectue un « tourne à gauche », il coupe la trajectoire d’une voiture circulant en sens contraire. Mais le danger ne vient pas toujours de lui. Combien d’automobilistes ne respectent pas la règle de la priorité de droite aux carrefours où elle s’applique ? D’où l’intérêt, tout au moins au début, d’imposer l’arrêt à tout changement de priorité voire de descendre de son vélo et  emprunter les passages pour piétons.

La bonne connaissance des règles du code de la route ne suffit pas à éviter les pièges de la circulation. C’est par l’expérience qu’il pourra les reconnaître et les anticiper. On peut toutefois accélérer le processus en lui montrant les dangers auxquels il devra faire face et les bons comportements à adopter. Mais est-ce pour autant qu’il respectera les distances de sécurité lorsqu’il circule en groupe.  Pour cela, il sera utile de lui expliquer le principe de la distance d’arrêt qui se calcule en ajoutant à la distance de freinage la distance de réaction. Mais le plus compliqué peut-être sera de lui apprendre la technique du regard.  Je porte mon regard dans la direction où je veux aller. En appliquant ce principe, fini de se déporter dans les virages en fixant la voiture que l’on va croiser. Fini les écarts brusques dans la circulation parce que je me déconcentre.